Econopolis pointe les menaces auxquelles va devoir faire face l'audiovisuel flamand

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D’après une étude réalisée par l’institut Econopolis et présentée par le ministre des médias flamand, Sven Gatz, aux trois opérateurs TV (VRT, Medialaan et SBS) et aux trois distributeurs (Telenet, Proximus et Orange), la vision en différé, la concurrence des Gafa et la diminution des recettes publicitaires menacent la viabilité du secteur audiovisuel flamand. C’est une tendance que l’institut avait déjà signalée lors de sa précédente étude. 

Selon les chiffres d'Econopolis, sur la cible des 18-54, 33% des émissions sur les chaînes privées sont regardées en différé durant la tranche horaire 17h-24h. Sur la même cible, Econopolis prévoit que la vision en différé pourrait atteindre jusqu’à 50% d’ici 2026. Sur l'ensemble de la population, ce pourcentage est actuellement de 17,5%. Deux tiers des émissions regardées en différé sont des productions locales.
 
Par ailleurs, Econopolis pointe également la croissance fulgurante des services de streaming on demand comme Netflix. D’après l’étude, la plateforme américaine compterait 554.000 abonnés en Flandre. Soit une hausse de 40% par rapport à l’année passée.
 
L'institut estime que ces deux évolutions ont et auront des conséquences considérables, notamment sur les recettes publicitaires des chaînes privées. Si 50% de la consommation TV se fait en différé, celles-ci pourraient enregistrer jusqu'à 18% de recul, étant donné le zapping que l'on associe volontiers à ce type de vision. Ce qui mettrait sous pression le modèle du secteur audiovisuel flamand, caractérisé par une qualité et une offre élevées. La concurrence entre les acteurs privés et publics s’en trouveraient également accrue.
 
Gatz tire donc la sonnette d’alarme - ce qu’il avait déjà fait en début d’année en voulant interdire le zapping publicitaire en différé. Il réitère son appel au secteur à collaborer en vue de la création d’une plateforme VOD commune "à la Netflix", permettant de monnayer le contenu local, comme évoqué aussi par Medialaan lors de sa présentation de rentrée en août. Cette plateforme devrait, selon le ministre, être active d’ici deux ans au plus tard, sous peine d’arriver trop tard. D’autre part, Gatz aimerait voir s’instaurer un nouveau modèle publicitaire où la publicité ciblée - au moins partiellement non zappable - jouerait un rôle plus important.

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