La conférence de presse s’éteint à petit feu

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Corner-Stone a organisé aux Pays-Bas « Het grote Woordvoerders- en Journalistenonderzoek ». Cette enquête poursuivait un double objectif : d’une part, mieux connaître le profil du porte-parole moderne et sa vision de la profession et, d’autre part, examiner la manière dont les journalistes appréhendent leur métier et dans quelle mesure leur relation avec les porte-paroles évolue. L’étude a révélé plusieurs tendances.

Le sondage en ligne repose sur les réponses de 482 porte-paroles et 584 journalistes.

 Coup d’œil sur les principales conclusions du côté des porte-paroles.

  • En plus d’intervenir en tant que représentants de l’organisation, les porte-paroles jouent un rôle de lien entre le monde intérieur et extérieur. Plus un porte-parole acquiert de l’expérience, plus le contenu de sa fonction est varié et plus il porte attention à la stratégie, aux conseils médiatiques et à la formation/au coaching des autres membres de l’organisation.
  • On consacre plus de temps à la coordination interne qu’aux contacts avec la presse.
  • Les porte-paroles exploitent abondamment les réseaux sociaux, suivis des interviews et des communiqués de presse. Il semble que la conférence de presse ait fait son temps.
  • Il est hors de question de mentir aux journalistes, mais il est (parfois) permis d’omettre certaines choses, tout comme de refuser une interview qui donnerait lieu à un article négatif.
  • Les préjugés, l’absence de connaissances approfondies, une mauvaise préparation, l’absence d’écoute, la négligence et l’absence de contrôle des faits, de même que les contraintes de temps semblent être les principaux reproches faits aux journalistes.
  • Selon les répondants, les plus grands défis auxquels est confrontée la profession sont : l’influence et l’utilisation des réseaux sociaux, la gestion des attentes de la direction en matière de porte-parole ou « l’éducation » de l’organisation au thème de la valeur médiatique, la recherche d’un équilibre entre rapidité et précision, le maintien de la nuance (s’assurer que ce que vous dites est bien formulé) et la gestion du déclin de la qualité et de l’uniformité du journalisme.

Coup d’œil sur les principales conclusions du côté des journalistes.

  • Les journalistes s’estiment de plus en plus au fait de l’actualité et, bien que la vérification des faits soit jugée nécessaire, elle n’est pas considérée comme une tâche primordiale.
  • En ce qui concerne l’investigation journalistique, les spécialistes se basent principalement sur leurs propres recherches, leurs travaux sur le terrain et les interviews. Les sites web/médias des organisations sont souvent utilisés, tout comme Twitter et Facebook.
  • La majorité des personnes interrogées estiment que les journalistes doivent se conformer aux bons vieux principes de la profession : ne pas mentir, respecter les engagements off the record, écouter toutes les parties, travailler avec plus d’une source et vérifier les faits. Ils n’ont toutefois aucun scrupule à utiliser des documents confidentiels sans permission ou à s’infiltrer dans une organisation pour obtenir des informations « internes ».
  • Bien que la réputation des journalistes ait été entachée ces dernières années, cela n’a pas pour autant réduit l’impact des médias sur la réputation des organisations.
  • Le plus grand défi de la profession consiste à contrôler la qualité et à communiquer des informations fiables.
  • Les journalistes préfèrent être contactés par les porte-paroles par e-mail ou par téléphone. S’ils prennent eux-mêmes contact avec eux pour leur demander des informations, la majorité s’attend à recevoir une réponse dans les deux heures. Selon les répondants, les porte-paroles prennent de plus en plus le contrôle de la communication d’une organisation. Il semble, qui plus est, que les organisations soient de moins en moins ouvertes/transparentes dans leur communication.
  • Selon les journalistes, les considérations commerciales de leur propre organisation de presse jouent un rôle de plus en plus important.
  • Les médias propres aux organisations (newsroom, blog, tweets, etc.) sont fréquemment consultés par les journalistes qui y voient une source « complémentaire » d’informations. La critique porte sur le fait que l’information est souvent considérée comme (trop) partiale et insuffisamment professionnelle. De nombreux répondants estiment également que le fait de posséder leurs propres médias a modifié l’attitude des porte-paroles à leur égard.
  • Les principales contrariétés que formulent les journalistes à l’égard des porte-paroles sont leur inaccessibilité et leurs réponses évasives/creuses.

 

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