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Sophie Souied (Unilever) : "Nous resterons agiles au niveau de nos plans médias et nos marques resteront présentes"

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Unilever vient de dévoiler son plan d'aide mondial dans la lutte contre la pandémie. L'occasion pour nous de reprendre contact avec Sophie Souied, General Manager BeLux du groupe. Elle nous parle évidemment de la gestion de ses équipes, des plans marketing et des investissements médias, mais elle évoque aussi la prise en compte de ce que nous aura appris toute cette crise.

Unilever Belgique regroupent près de 300 personnes. Comment gérez-vous les équipes en plein confinement ?
Sachant que nous n'avons pas d'unité de production en Belgique, depuis le 12 mars, nous nous sommes organisés afin tout le monde puisse travailler chez lui, chacun en fonction de sa situation personnelle, à l'exception entre autres d'une permanence informatique au siège à Bruxelles. Pendant ces premiers jours, nous nous sommes rendu compte que les gens avaient un besoin énorme de se parler, donc nous communiquons beaucoup en interne.

Au fil des jours, nous avons aussi constaté une foule d'initiatives de solidarité au sein de l'entreprise, sous les formes les plus diverses, allant de l'entraide technologique au cours de yoga proposé le mercredi matin par l'une de nos collaboratrices pour renforcer la résilience et la mindfulness. 

Le groupe vient d'annoncer un plan d'aide mondial destiné à soutenir les populations touchées à plusieurs niveaux. Vous pouvez en dire un peu plus ?
Ce programme repose sur trois piliers. Le premier se matérialise sous forme de mise à disposition de produits d'hygiène à hauteur de 100 millions d'euros, dont au moins la moitié offerte à la plateforme Covid du World Economic Forum, mais également aux établissements sanitaires et ONG nationaux. En plus, nous allons adapter nos lignes de production à la fabrication de gels désinfectants, plus nécessaires que jamais.

Deuxièmement, le plan prévoit 500 millions pour permettre aux fournisseurs les plus vulnérables de survivre à cette période difficile, notamment en accélérant les paiements ou en offrant des crédits de paiement aux petits business de retail.

Troisièmement, le groupe a l'intention de protéger ses collaborateurs et sous-traitants en garantissant 100% de leurs revenus pour les trois mois à venir, s'ils ne sont pas concernés par les mesures déjà prises par le gouvernement. De sorte qu'ils soient plus sereins face à cette crise.

Et pour la Belgique ?
Nous avons prévu des dons de produits et d'aliments aux hôpitaux et également aux banques alimentaires : le rôle de ces dernières est encore plus important que d'habitude et paradoxalement, dans l'urgence, elles se sont retrouvées un peu délaissées.

Logiquement, cette crise a eu un impact sur vos plans marketing et média. Faites-vous partie des annonceurs qui ont réduit la voilure ? 
Non, pas tout à fait. La première semaine du confinement, nous nous sommes surtout concentrés sur le support à nos clients et nous avons arrêté net toutes les promotions selon les dispositions de l'Arrêté Ministériel interdisant celles sur les denrées alimentaires afin de ne pas encourager les consommateurs à stocker. Ensuite, nous avons mis un gros focus sur la partie e-commerce qui est plus importante que jamais.
Il n’y aura pas ni coupes ni surinvestissements
En parallèle, nous avons logiquement réadapté nos investissements en fonction des catégories de produits et revu notre search marketing. Par ailleurs, nous avons aussi postposé certains lancements parce que inappropriés en ce moment. 

Il s'agit d'un travail en continu que je résumerais en deux mots : recentrage et décalage. Nous resterons agiles au niveau de nos plans médias, mais aussi au niveau de nos équipes. En d'autres mots, on réallouera des budgets et des gens en fonction des besoins. Il n'y aura pas de coupes ni de surinvestissements. Nos marques resteront présentes, c'est important.

Comment voyez-vous l'après ?
Il est difficile de prévoir combien de temps la crise va durer et il importe de ne pas tomber dans le piège de l'opportunisme. Il est primordial de rester décent et respectueux par rapport à la situation que nous vivons. Mais une fois que cette situation d'urgence sera derrière nous, nous essaierons sûrement d'identifier les tendances épisodiques que nous aurons vues émerger.

Dans la phase de rebond, les gens vont retrouver certaines habitudes - on l'espère en tout cas, notamment au niveau de l'horeca - mais d'autres tendances nées pendant la crise vont peut-être persister, par exemple au niveau de l'e-commerce. A nous de les déceler et de les intégrer dans un mode de vie plus durable.
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