Isabelle Baele, Advertiser Personality 2005

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"Cette reconnaissance m’a encouragé à ne jamais jouer la sécurité, mais plutôt à suivre mon instinct et à convertir cette intuition en idées neuves."

Après avoir trouvé, il y a peu, quelques chapeaux et une pierre dans un coffre, mes enfants se sont écriés : « Maman, tu as déjà gagné quelque chose ? »

- « Oui, les enfants : plusieurs CCB, un Effie, le titre d’APOY et, une fois, 15 € au Lotto. »

Ils connaissaient seulement le Lotto.

J’ai remporté le trophée d’APOY il y a un certain temps déjà.

C’était à l’occasion de l’action « Kippensoep » de StuBru, lancée par Wim Oosterlinck, pour ceux qui s’en souviennent.

Quand je repense à ce jour morose du mois de décembre (je dois d’ailleurs bien creuser, car il y a tout de même 13 ans de cela), je me souviens encore avoir passé le reste de la journée sur un petit nuage. Ou était-ce le verre que j’avais bu ?

Par le biais de nos campagnes, nous placions à l’époque les marques médiatiques de la VRT sur l’échiquier créatif flamand.

Je pense à Studio Baptiste, aux petits oiseaux de Radio 2 et à Klara Leeft, pour n’en citer que quelques-unes. La mémoire collective, donc ?

De toutes, c’est dans tous les cas la reconnaissance qui m’a apporté la plus grande satisfaction.

Ce fut aussi une sorte d’ode à la créativité. Car avouons-le : la commercialisation d’une marque n’est jamais le fait d’un seul homme ou d’une seule femme ; elle repose sur une collaboration d’envergure entre les clients internes (dans mon cas : les gestionnaires de réseau), les agences de publicité, qui étaient alors plutôt des partenaires que des fournisseurs, et la direction. Sans la confiance de la hiérarchie, le directeur du marketing ne peut rien. Vos supérieurs doivent oser vous laisser prendre des risques (créatifs), ce qui s’accompagne de réussites, mais aussi d’échecs.  

Cela n’est possible qu’avec la grâce d’une direction qui réaffirme sans cesse cette confiance. Et avec la collaboration d’un directeur marketing qui ose. Et je suis quelqu’un qui ose.

Un annonceur ne peut pas non plus se passer d’un partenaire créatif, d’une agence.

Une équipe qui apporte l’oxygène de l’extérieur vers l’intérieur.

La relation avec l’agence est comparable à un mariage : pour le meilleur et pour le pire et jusqu’à ce que la « mort » vous sépare… ou pas.  

Tout comme le nombre de divorces augmente, les annonceurs passent de plus en plus rapidement d’une agence à l’autre.

La question est de savoir si nous ne devrions pas tous fournir davantage d’efforts pour construire des relations à long terme.

Selon moi, poser la question, c’est déjà y répondre.

Cette reconnaissance m’a encouragé à ne jamais jouer la sécurité, mais plutôt à suivre mon instinct et à convertir cette intuition en idées neuves.

Un an plus tard (en 2006, donc), le projet Music For Life est né, en partie car j’avais lu dans Humo que les jeunes, aussi matérialistes soient-ils, avaient encore des idéaux.

C’est aussi simple que cela.

Je ne fais désormais plus de marketing « pur jus ». Je travaille en tant que productrice de contenu vidéo/télévision, mais la créativité est également une notion clé dans cet univers. Vous découvrez quelque chose qui vous stimule ou vous intrigue et, au départ de cette idée, vous développez une série documentaire. Ou quelque chose d’autre.  

De la plante de serre à la forêt riche en oxygène. De l’intérieur vers l’extérieur.

Puis, vous sollicitez cette même confiance créative dans le chef des gestionnaires de réseau et des annonceurs, à savoir les nouveaux diffuseurs.

Et la boucle est bouclée.

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